(TEXTE EN FRANÇAIS EN BAS DE PAGE)
Creo que mi última entrada en este blog fue en 2013... Imaginaos todo lo que ha pasado desde entonces. Tres cambios de domicilio, un duelo, cuatro empleos distintos, mucha reflexión, poco tiempo para escribir. Luego llegó la pandemia: adiós trabajo y bienvenida escritura.
A quienes os habéis acercado al reto de poner por escrito aquello que os ha acompañado durante media vida, no necesito contaros cómo es este proceso: el bloqueo, los miedos, el síndrome del impostor... pero, ese tiempo de recogimiento obligado, me vino de perlas. Por fin tenía tiempo de dedicarme a ello, sin presión, sin obligaciones, sin energía malgastada.
Hay quienes tienen una imaginación desbordante, una creatividad infinita y son capaces de inventarse mundos y personajes de fantasía, hazañas bélicas y monstruos de las galletas. Yo no. Necesito partir de un tiempo, una realidad concreta, unos protagonistas fiables, una ubicación. Necesito re-crear diálogos, re-definir esperanzas, re-vivir a mis héroes particulares. El tiempo de investigación es enorme, el estudio de los personajes minucioso, la selección de los acontecimientos, rigurosa. Luego vienen los matices: ningún sinónimo es igual a otro. El tono, intimista, y salpicado de humor resiliente.
Te lees y te relees mil veces, cambiando palabras, mejorando la puntuación, verificando fechas, ortografía y, después de decenas de relecturas, te sigues encontrando con alguna que otra incoherencia que te hace dudar de tu capacidad... pero, aún así, sigues.
Oigo, muchas veces, decir a amigas y amigos escritores que no saben nunca cómo va a terminar su manuscrito... porque son los personajes los que lo deciden. ¡Permitidme que discrepe! Los personajes evolucionan a lo largo del relato por dónde TÚ los llevas; reaccionan en las situaciones en las que TÚ los colocas. Quizás, por ello sea tan difícil escribir un buen final, sea cerrado o abierto, caso este último en el que se suele dejar colgado a un protagonista, confiando en que quien lea el libro se invente cómo sigue... ya que tú no supiste hacerlo. Hala, ahí te quedas. A mí, esto me produce frustración.
O el título. Tienes una idea, la sigues y, al terminar tu novela, te das cuenta de que ninguno de lo títulos que habías imaginado se corresponden con el trasfondo del relato. Y, como el revelado de un negativo en la cubeta, de repente, emerge.
Y sigues: se trata ahora de dar a leer el texto a personas de tu confianza (o no) para que ejerzan de «ojo crítico». Vuelve la inseguridad, por muy convencida que estés de que tu novela gustará.
Pues, queridas y queridos, en este punto estoy. Y en el siguiente, el del más difícil todavía, que es el de encontrar (buscar es más sencillo) una editorial que se interese por mi trabajo. Y digo bien, una editorial, es decir una empresa con vocación literaria y comercial, a cuenta de editor, y no una de los miles de imprentas con veleidades de editoras que empiezan pidiéndote dinero para cubrir sus gastos y que, luego, te dejan a tu suerte, con tus libros en cajas (en el mejor de los casos) y una distribución y promoción deficientes. Porque, seamos sinceras: ¿por qué escribimos, más allá de plasmar vivencias, recuerdos, experiencias? Pues, para comunicar. Para compartir, para regalar un trocito de una, un pedazo de vida, una hebra de pensamiento. ¿Para hacerte rica? Pues, no, pero tampoco para que otros se beneficien de tu deseo de ver tu nombre en una portada. Y sabemos de muchos. Para eso, te vas, directamente a esas empresas que te dejan claro que ellas no ponen un duro, te mandan presupuesto (con o sin corrección, con o sin portada, con o sin distribución) y luego te anuncian que, de los primeros cien libros vendidos, tampoco verás un duro. Y si aceptas, lo haces con conocimiento de causa. Y todos felices.
O escribes para dejar algo a tu familia, una tirada de 50 ejemplares que imprimes por tu cuenta y que regalas a tus allegados. Pero esto es otro cantar.
Y aquí lo dejo por hoy. Tengo la novela lista para horno, y «solo» estoy en busca del chef que sabrá tratar el producto. Ah, y como el camino es tan tortuoso, la tengo en castellano y en francés, que para algo sirve que una sea bilingüe.
La paciencia vino a buscarme
y, en voz muy baja, me dijo
que lo más bello del mundo
nace despacio,
como una flor que se abre
en el silencio, la ternura
y la luz serena del tiempo. (Tahlia Hunter)
EN FRANÇAIS
Je crois que ma dernière entrée sur ce blog remonte à 2013. Depuis, il s’est passé tant de choses qu’il serait difficile d’en faire l’inventaire sans perdre le fil : trois déménagements, un deuil, quatre emplois différents, beaucoup de pensée en arrière-plan, et trop peu de temps pour écrire.
Puis la pandémie est arrivée. Le travail s’est éloigné, et l’écriture a repris sa place. À celles et ceux qui se sont un jour lancés dans l’entreprise délicate de mettre en mots ce qui les accompagne depuis la moitié d’une vie, il n’est pas nécessaire de décrire le processus : le blocage, les peurs, le syndrome de l’imposteur, cette sensation tenace de ne jamais être tout à fait légitime. Pourtant, cette période de retrait forcé m’a offert un luxe rare : du temps. Du temps pour écrire sans pression, sans obligation, sans cette dispersion qui use l’énergie et éparpille l’élan.
Il y a des écrivains qui inventent des mondes, des personnages de pure fiction, des épopées imaginaires et des monstres sortis de nulle part. D’autres, au contraire, ont besoin d’un socle plus tangible : une époque, une réalité précise, des figures crédibles, un lieu ancré dans le réel. Je fais partie de ceux-là. J’ai besoin de reconstruire des dialogues, de redonner corps à des espérances, de faire revivre mes héros intimes. L’écriture devient alors un travail de mémoire et de patience : une enquête, presque, où l’exactitude des faits compte autant que la justesse du souffle. La recherche est longue, l’observation des personnages minutieuse, le tri des événements rigoureux. Puis viennent les nuances, et avec elles les exigences du langage : aucun synonyme n’est tout à fait l’équivalent d’un autre.
Le ton se veut intimiste, traversé d’un humour discret, résilient. On se relit sans fin, on corrige une phrase, on resserre une ponctuation, on vérifie une date, une orthographe, un enchaînement. Et malgré les dizaines de relectures, une incohérence surgit encore, comme pour rappeler que l’on n’a jamais fini de douter de soi. Mais on continue.
J’entends souvent des écrivains dire qu’ils ignorent jusqu’au bout comment leur manuscrit s’achèvera, comme si les personnages eux-mêmes en décidaient. Je ne partage pas cette idée. Les personnages évoluent selon la manière dont on les conduit ; ils réagissent aux situations qu’on leur impose. Peut-être est-ce là ce qui rend si difficile l’écriture d’une fin juste, qu’elle soit ouverte ou fermée. Dans le cas d’une fin ouverte, on laisse souvent un protagoniste en suspens, comme abandonné à l’imagination du lecteur, parce qu’on n’a pas su, ou pas voulu, lui offrir une issue plus nette. Et cela, pour ma part, me frustre.
Il en va de même pour le titre. On part d’une idée, on la suit avec obstination, et lorsque le roman s’achève, on découvre qu’aucun des titres envisagés ne rend vraiment compte de son véritable fond. Puis, un jour, comme l’image qui apparaît lentement au développement d’un négatif, le bon titre surgit enfin. Alors commence une autre étape : confier le texte à des lecteurs de confiance — ou non — pour qu’ils jouent ce rôle si précieux d’œil critique. L’insécurité revient aussitôt, même quand l’on croit fermement à la force de son roman.
Eh bien, chères lectrices, chers lecteurs, j’en suis là.
Et me voici désormais à l’étape suivante, sans doute la plus difficile : trouver — car chercher est, en vérité, plus simple — une maison d’édition susceptible de s’intéresser à mon travail. Je parle bien d’une maison d’édition, c’est-à-dire d’une entreprise ayant une vocation littéraire et commerciale, portée par un véritable travail éditorial, et non de l’une de ces nombreuses imprimeries qui se parent des habits de l’éditeur, commencent par demander de l’argent pour couvrir leurs frais, puis laissent l’auteur à son sort, avec ses livres en cartons — dans le meilleur des cas — et une diffusion, une promotion, bien souvent défaillantes.
Car, au fond, pourquoi écrit-on ? Au-delà du geste de fixer des souvenirs, des expériences, des fragments de vie, il y a le désir de communiquer. De partager. D’offrir un morceau de soi, une parcelle d’existence, un fil de pensée. Écrire pour devenir riche ? Certainement pas. Mais pas davantage pour que d’autres profitent de ce besoin légitime de voir son nom sur une couverture. Nous connaissons tous ces circuits où l’on vous dit très clairement qu’aucun investissement ne sera fait de leur côté, où l’on vous envoie un devis — avec ou sans correction, avec ou sans couverture, avec ou sans distribution — avant de vous annoncer que, sur les cent premiers exemplaires vendus, vous ne toucherez pas non plus un sou. Si l’on accepte, au moins le fait-on en connaissance de cause. Et chacun, alors, peut se dire satisfait.
Ou bien l’on écrit pour laisser quelque chose à sa famille : une petite édition de cinquante exemplaires, imprimés à ses frais et offerts aux proches. Mais cela est une autre histoire.
Je m’arrête ici pour aujourd’hui. J’ai le roman prêt à mettre au four, et je suis désormais à la recherche du chef coq qui saura en reconnaître la saveur. Ah, et étant donné que le chemin est si tortueux, je l’ai en français et sa version adaptée en espagnol : il faut bien que mon bilinguisme serve à quelque chose.
La Patience m’a rendu visite,
Elle m’a murmuré que les belles choses demandent du temps pour éclore,
Et qu’elles croissent lentement, dans la stabilité. (Tahlia Hunter)

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